Lifelong Learning Programme

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"I Am Not Scared" Project

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Case Studies

TITLE OF THE CASE STUDIES:

Main mise sur le groupe des filles par les garçons de la classe

SCENARIOS OF BULLYING EVENT::
  • Direct bullying
CAUSES OF BULLYING EVENT::
  • Non-especific
FACTUAL DESCRIPTION OF THE BULLYING EVENT:

Quand et comment l’événement a débuté ? Comment l’école l’a détecté ?
Les faits se déroulent au sein d’une classe de 3ème secondaire, composée de 18 élèves (filles, garçons âgés de 14/15 ans).
Le harcèlement des filles débute dès la rentrée scolaire et les concerne toutes, chacune à leur tour.
Dans la classe, c’est le mutisme total. L’ensemble du groupe s’est accommodé de ce mode de fonctionnement et semble vivre celui-ci comme « normal ».
Au fil du temps, les résultats scolaires des filles chutent (alors que celles-ci travaillent mieux que les garçons). Les enseignants perçoivent un problème qu’ils ne peuvent toutefois identifier, car les filles sont dans le déni, par peur des représailles.
Peu avant les vacances de Pâques, une fille finit par « craquer » auprès de la préfète de discipline et explique l’enfer que vivent les filles de la classe depuis la rentrée scolaire.

Les principaux acteurs impliqués ?
Sept garçons harceleurs.

La durée des événements ?
De septembre à mars, soit 7 mois.

Le type d’actes de harcèlement survenus ?
Gestes inadéquats (piquer avec la pointe du compas, casser du matériel, coups de latte, coups de coude, toucher les seins, …) propos inadéquats, brimades (rabaisser les filles au rang d’objet, « t’es moche », …), menaces (« prête-moi ton GSM, sinon … »).

RESPONSE IMPLEMENTED:

Actions entreprises ? Stratégie mise en place par l’école pour combattre le fait de harcèlement ?
La préfète de discipline convoque les filles. Elle leur fait exprimer leurs souffrances et leur fait prendre conscience que les faits décrits sont inacceptables.
Elle en informe les parents et leur demande d’en parler avec leurs filles.
Certains parents lui envoient des courriers complétant les descriptions faites à l’école. D’autres souhaitent porter plainte.
La préfète ne les dissuade pas, mais leur demande un délai afin de prendre les sanctions qui s’imposent à l’égard des garçons harceleurs.
Elle reçoit les garçons harceleurs, un à un. Elle leur fait écrire leur version des faits et leur fait prendre conscience de la gravité de leurs actes. « Pourquoi ce type de comportement, alors qu’ils ne l’accepteraient pas pour leurs sœurs ?, … ».
Lors d’une discussion, l’un des garçons s’est mis à pleurer. Il a avoué avoir fait aux filles ce qu’on lui avait fait à l’école primaire. Il était en souffrance, il suivait par peur d’être lui-même harcelé. Il voulait réparer et a rédigé un écrit confirmant les différents faits de harcèlement.
La préfète de discipline convoque ensuite les parents des garçons afin de les informer des faits et des sanctions qui vont être prises.
Lors des discussions, certains parents tentent de minimiser les faits, réfutant ainsi la prise de conscience de leurs fils : « vous y allez trop fort, les filles ne sont pas blanches non plus, … ». Pour ces parents, il s’avère difficile de comprendre les actes de leurs enfants. Sans doute, avaient-ils peur de la plainte qui pourrait être déposée ?
La préfète de discipline décide alors d’une sanction/réparation. Trois jours de renvoi à l’école qui seront mis à profit pour faire un travail de responsabilisation et de reconstruction : compréhension des actes commis, respect d’autrui, lettre d’excuse et contrat disciplinaire. L’un des garçons sera également tenu à une réparation matérielle : recomposer un plumier.
Le contrat disciplinaire sera rédigé avec la participation du jeune et remis aux parents. Il précise :
- les règles de fonctionnement à l’école,
- les améliorations à faire au niveau des « savoir être »,
- le suivi du jeune (1x/sem. jusqu’aux examens),
- les sanctions en cas de non-respect.
Certains parents ont refusé les 3 jours de renvoi, notamment la mère du jeune qui avait été lui-même harcelé.

Les dispositifs de prévention mis en place pour la suite de l’année scolaire ?
Le local de classe a été changé et les places des élèves ont été imposées par la préfète (les garçons devant, les filles derrière). Des consignes de surveillance ont été données aux enseignants.

IMPACT OF THE BULLYING ACTION:

Sur le parcours scolaire ? Sur la santé mentale ?
Les résultats scolaires des filles ont chuté.
Une des filles a « craqué ». Elle se sentait exclue du groupe, car elle manifestait de plus en plus souvent sa désapprobation par rapport à certains faits.

Sur l’intégration scolaire ?
On ne sait pas toujours ce qui se passe au sein d’un groupe, d’une classe, tant que celui-ci fonctionne selon ses propres règles…. Mais quand on voit ou l’on sait quelque chose, on agit immédiatement.

POINT OF VIEW OF VICTIM:

Leur perception des causes de l’événement de harcèlement ?
Les filles ont minimisé les faits. Elles ne semblaient pas en percevoir la gravité.
Elles n’intervenaient pas quand l’une des leurs était harcelée, car elles savaient qu’elles auraient leur tour.
Elles avaient peur des représailles. C’était la règle établie au début et apparemment acceptée de tous y compris les filles.

Ont-elles informé quelqu’un ?
Une des filles a « craqué » et a informé la préfète.

De quelle aide ont-elles eu besoin et de la part de qui ?
Les filles ont été suivies 1x/sem. par la préfète, jusqu’aux examens de fin d’année.
Elles ont été entendues, écoutées, comprises, conseillées. Prise de conscience, rappel de certaines valeurs. Elles ont pu ensuite s’apercevoir que les choses s’arrangeaient : pas de représailles, changement immédiat d’attitude des garçons, mieux être dans la classe.
Elles n’ont pas souhaité être suivies par le CPMS.

POINT OF VIEW OF BULLYING STUDENT(S):

Comme les filles, les garçons ont été suivis par la préfète 1x/sem. jusqu’aux examens de fin d’année.

Leur motivation, le choix des victimes ?
La domination des filles, mais sans en avoir « vraiment » conscience. C’était leur harem, leur fief !

Ont-ils des remords ?
L’un des harceleurs (harcelé lui-même plus jeune) s’est effondré lorsqu’il a été découvert et a souhaité réparer.
Pour les autres : grosse prise de conscience, ne pas laisser faire des choses quand on sait qu’il y a souffrance …

POINT OF VIEW OF OTHER STUDENTS:

Etaient-ils conscients de ce qui se passait ?
Les autres élèves étaient parfaitement conscients de la situation. Il n’est pas impossible, qu’à un moment donné, ils aient agi comme les autres, peut-être une fois ?

POINT OF VIEW OF TEACHERS:

Etaient-ils conscients de la situation ? Qu’ont-ils fait ? Comment ont-ils compris ce qui se passait ?
Les enseignants ont pris conscience d’un problème suite à la chute des résultats scolaires des filles. Ce problème a été évoqué en conseil de classe, mais n’a pu être identifié.

Quelle coopération ont-ils reçue de la part des autres professeurs et de la direction ?
Un conseil de classe extraordinaire a été organisé pour expliquer les sanctions et donner des conseils aux enseignants (ex. se retourner plus souvent quand ils écrivent au tableau, …)
Les titulaires de la classe ont été revus, à plusieurs reprises, par la préfète de discipline pour évoquer l’évolution de la classe.

POINT OF VIEW OF SCHOOL DIRECTORS:

Etaient-ils conscients de ce qui se passait ? Qu’ont-ils fait pour gérer cet événement ?
La direction a soutenu les décisions de la préfète de discipline, a organisé un conseil de classe extraordinaire dans l’heure, ainsi qu’un changement de local immédiat.

Que faut-il faire selon eux pour améliorer la situation ?
Suite à la démarche du projet, l’école va tenter de mettre en place une procédure en cas de harcèlement avec une, voire deux personnes de référence.
L’école a également décidé de travailler la « confiance en soi », afin de prévenir certains comportements à risque. Une prévention « confiance en soi », ce que l’on accepte des autres ou pas, est organisée.

POINT OF VIEW OF THE PARENTS OF THE PUPILS INVOLVED:

Ont-ils remarqué ce qui arrivait ? Ont-ils été informés et par qui ?
Tous les parents ont été informés par la préfète de discipline et leurs enfants. Ils n’avaient rien remarqué d’anormal dans le comportement de leurs enfants.

Ont-ils eu la possibilité de modifier la situation et comment ?
Certains parents des filles ont voulu porter plainte. Ils ne l’ont finalement pas fait. Ils se sont satisfaits des sanctions décidées par la préfète de discipline.
Parmi eux, un parent encore trop dans l’émotion et la colère a voulu obtenir les coordonnées des parents des garçons harceleurs. L’école n’a pas accepté.
Certains parents des garçons ont minimisé les faits et certains n’ont pas accepté les trois jours de renvoi. Les élèves ont quand même été sanctionnés et les parents ont continué à faire confiance au Collège.
La situation a également servi dans chaque famille de lieu d’échanges…

POINT OF VIEW OF THE COUNSELLOR IN THE SCHOOL:

Le CPMS a été mis au courant des faits et averti d’éventuelles demandes d’aide.
Il a participé à la réflexion sur la prévention « confiance en soi ».

POINT OF VIEW OF POLICY MAKERS:

Le Pouvoir Organisateur n’a pas été informé. Il n’intervient qu’en cas d’exclusion.

CONCLUSIVE DEDUCTIONS:

Sur la véracité du harcèlement ?
Il s’agit bien d’un fait de harcèlement : atteintes physiques et verbales multiples, durée 7 mois, disproportion des forces en présence (rapport de domination, harem, fief), intention de nuire.

Sur les causes de l’événement et le mécanisme qui a rendu possible le phénomène ?
Ce qui est interpellant dans le cas évoqué, c’est la durée du harcèlement, liée à l’absence de conscience de la gravité des faits, le déni de ceux-ci, tant de la part des filles que des garçons. Les filles ont accepté l’inacceptable. C’était leur environnement scolaire. C’était devenu naturel !
C’est uniquement le fait qu’une d’entre-elles s’est sentie rejetée, car la situation commençait à la déranger, qui a permis de détecter le problème.
Au-delà du besoin de domination exprimé par les garçons, il semble que d’autres éléments ont contribué à amplifier le phénomène.
Le contexte géographique n’était pas favorable. Ces élèves se trouvaient dans une classe exigüe. La proximité y était plus importante que de coutume.
Le nombre d’élèves harceleurs, pratiquement la moitié de la classe, a certainement favorisé la répétition des faits et amplifié la peur des représailles chez les filles.

Sur la réponse apportée par l’école ?
La sanction s’est accompagnée d’une réparation. Il semble que cela ait porté ses fruits. Les élèves de cette classe se trouvent aujourd’hui en 5ème secondaire. Les filles se sont épanouies, mais n’ont pas oublié. Les résultats scolaires sont redevenus meilleurs, à l’exception d’un garçon qui était déjà en décrochage scolaire. Les garçons ont un excellent rapport avec la préfète et l’informent de ce qui se passe entre élèves.
Par contre, pour les parents, le mot « harcèlement » a été difficile à comprendre car cette terminologie n’est employée que depuis peu de temps dans les écoles (2 à 3 ans). Avant, on parlait de « tête de turc », de « bouc émissaire », … Certains n’ont pas intégré la gravité des faits.

Sur le type de réponse apportée par l’école (disciplinaire ou éducative) ?
Action rapide de la préfète, dès la connaissance des faits. Elle semble avoir une posture ferme et bienveillante.
Elle ne réagit pas dans l’émotionnel, elle prend le temps. Elle voit les victimes et les harceleurs. Elle construit la sanction avec les harceleurs.
Il n’y a pas eu d’exclusion des harceleurs. L’école est restée dans une logique éducative : contrats disciplinaires et jours de renvoi à l’école consacrés à la réparation de la faute.
L’école n’a pas fait appel aux intervenants psycho-sociaux (équipes mobiles, médiateurs, CPMS). Pourtant, il semble nécessaire de travailler sur la dynamique de groupe dans cette situation.

Sur les enseignements tirés, sur les mécanismes de prévention mis en place pour que « cela n’arrive plus » ?
La réponse a été ponctuelle. L’école n’a pas mis en place de dispositif particulier de prévention contre le harcèlement.
Toutefois, suite à la recherche-action développée par le projet, l’école va tenter de mettre en place une procédure en cas de harcèlement avec une, voire deux personnes de référence.
De son côté, la préfète de discipline a suivi, pendant plusieurs années, une formation auprès des responsables de la médiation scolaire et a, notamment, retravaillé le règlement de l’école, en collaboration avec les délégués de classe. Ainsi, par exemple, dix règles incontournables du règlement ont été affichées dans toutes les classes.

Le dispositif mettant en place une personne de référence pour les faits de harcèlement est intéressant. Il renforce l’idée que l’adulte est le garant du bien-être et de la sécurité dans l’école.
L’école devrait envisager de mener des actions précisément sur les relations entre les garçons et les filles en vue de déconstruire les rapports de force et les phénomènes de discrimination. Il faudrait travailler la question du harcèlement mais en prenant en compte la dimension de genre qui semble ici très saillante.

Comments about this Case Study


Date: 13.03.2012

Posted by: Marian Tataru
Type of school: Vocational School, School Group of Arts and Trades HUSI
Country: ROMANIA

Dans le contexte de l'ecole, les filles de la classe ont ete abusees et discriminees par les garcons. Ce qui est grave est que tout le monde s'est accommode a ce fonctionnement du groupe comme etant 'normal'.
A mon avis les mesures entreprises par la responsable disciplinnaire ont ete justes, mais peu efficaces. Premierement il faut organiser des cours de formation et d'information sur les droits des femmes dans la societe et les regles a suivre pour empecher la discrimination et l'abus des femmes. Les filles doivent aprrendre qu'elles ne sont pas victimes et qu'il y a des autorites sociales qui leur offre support et protection.
Afficher les regles internes est une tres bonne mesure a adopter pour que les eleves coprennent mieux et respectent le milieu scolaire.

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