Lifelong Learning Programme

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Case Studies

TITLE OF THE CASE STUDIES:

Agressions verbales et physiques envers une adolescente par un groupe de personnes jeunes et adultes, pendant plusieurs années

SCENARIOS OF BULLYING EVENT::
  • Direct bullying
CAUSES OF BULLYING EVENT::
  • Non-especific
FACTUAL DESCRIPTION OF THE BULLYING EVENT:

Quand et comment l’événement a débuté ? Comment l’école l’a détecté ?
Au cours de l’année scolaire 2006-2007, Sylvie devait faire un travail de groupe avec une autre élève de sa classe, Anita. Celle-ci était passée au domicile de Sylvie pour lui dire qu’elle ne voulait pas faire le travail avec elle.
La sœur de Sylvie l’avait encouragée à faire tout de même le travail seule et à le dire au professeur.
Le jour de la présentation, Anita a d’emblée dit au professeur que Sylvie n’avait pas fait le travail. Sylvie a voulu s’expliquer, mais le professeur l’a coupée et lui a mis zéro.
Elle est alors sortie de la classe et est allée en parler à son éducatrice référente, qui lui a dit de rentrer en classe et d’expliquer la situation à son professeur. Ce que Sylvie a fait et elle a pu présenter son travail.
Suite à cet évènement, une certaine rancœur s’est installée chez Anita. Sylvie a reçu des menaces de mort de la part d’un des frères d’Anita. Il la menaçait de l’attendre à la sortie de l’école.
En réaction à ces faits, la grande-sœur de Sylvie a pris contact avec les parents d’Anita.
Le père d’Anita a proposé qu’une rencontre ait lieu au domicile de Sylvie. Ce que Sylvie, sa soeur et leur mère ont accepté.
Lors de cette rencontre, Anita a reconnu ne pas avoir été très correcte envers Sylvie et s’est engagée à faire des efforts. Le problème semblait résolu.
Fin de l’année scolaire 2006-2007, Sylvie devait faire un travail avec une autre élève, Julie. Julie avait récolté la documentation et, ensemble, elles avaient fait un résumé. Julie souhaitait ensuite que Sylvie tape l’ensemble du travail.
La soeur de Sylvie ne trouvait pas cela normal et l’a encouragée à faire le travail seule et à le signaler à son professeur. Ce que Sylvie a fait.
Suite à ce nouveau problème, Anita et Julie qui n’étaient, apparemment, jusqu’alors pas vraiment proches, auraient commencé à passer pas mal de temps ensemble et à s’allier pour causer préjudice à Sylvie.
Lors des deux années scolaires suivantes, le harcèlement à l’encontre de Sylvie a pris les formes suivantes :
- Alliance entre Anita et d’autres élèves afin de les monter contre Sylvie, notamment en répandant des rumeurs sur elle pour nuire à son image (elle embrasse tous les garçons, c’est une prostituée, etc.), ce qui a engendré un certain rejet de Sylvie,
- Vols (2 fois son GSM, 3 fois son portefeuille, 1 fois ses clés),
- Moqueries en groupe dans les toilettes,
- Agressions physiques avec violence, dont certaines par des personnes inconnues de Sylvie, dont au minimum un homme adulte, (4 agressions violentes et une série d’autres comme des bousculades, des empoignements par le col à plusieurs reprises, notamment pour la coller au mur, des coups de pieds dans les chevilles, des étranglements).
Une des agressions violentes a entraîné une double commotion cérébrale chez Sylvie qui a dû être suivie un certain temps par un neurologue et souffrait de maux de tête importants.
- Menaces de mort et intimidations toujours par des groupes allant de 2 à 9 personnes dont, à une reprise, par 2 personnes dans les toilettes avec un couteau.
- Plaintes d’Anita auprès de la direction pour des faits identiques à ceux infligés à Sylvie, d’où des sanctions disciplinaires pour Sylvie.
- Plaintes d’Anita et de son père pour vol, d’où sa convocation à deux reprises au commissariat.


Les principaux acteurs impliqués ?
Trois jeunes filles que nous appellerons Sylvie, Anita et Julie.

La durée des événements ?
Trois années scolaires : 2006/2007, 2007/2008, 2008/2009

Le type d’actes de harcèlement survenus ?
Propos inadéquats, moqueries, vol, menaces de mort, agressions physiques.

RESPONSE IMPLEMENTED:

Actions entreprises, Stratégie mise en place pour combattre le fait de harcèlement ?
Au début, les parents ont fait quelques tentatives pour régler le problème par des rencontres et des discussions avec les jeunes concernés, mais sans grand résultat.
Au fil du temps, d’autres élèves se sont alliés contre la victime et les agressions se sont multipliées pendant 3 ans.
La victime s’est plainte au proviseur et au préfet de l’école, mais ceux-ci ne lui ont pas vraiment fait confiance. Il n’existait aucun dispositif de prévention et d’intervention au sein de l’école.
Finalement, les responsables de l’école ont fait appel à la psychologue du CPMS et à l’AMO « Droit des Jeunes ».

IMPACT OF THE BULLYING ACTION:

Sur le parcours scolaire, sur la santé mentale ?
Sylvie a eu différents problèmes de santé suite aux agressions. Elle a dû être suivie par la psychologue de l’école et a sollicité le soutien de l’AMO « Droit des jeunes ».

POINT OF VIEW OF VICTIM:

Sa perception des causes de l’événement de harcèlement ?
Sylvie a émis l’hypothèse qu’une des causes des évènements de harcèlement pourrait être le racisme. Dans le cadre d’un de leurs cours de morale, la discussion s’était orientée sur le sujet et Anita avait dit que son père lui interdisait de fréquenter des noirs et des arabes.

A-t-elle informé quelqu’un ?
Sylvie en a informé sa grande sœur, qui a, elle-même, averti le proviseur et le préfet de l’établissement, ainsi qu’un conseiller externe, l’AMO “Droit des jeunes” (service d’Aide en Milieu Ouvert).

De quelle aide a-t-elle eu besoin et de la part de qui ?
Sylvie a eu besoin de l’aide de la psychologue du CPMS et du soutien de l’AMO “Droit des Jeunes”.

POINT OF VIEW OF BULLYING STUDENT(S):

Sa motivation, le choix de la victime?
On peut penser que le fait que Sylvie soit une bonne élève, assidue, qui a fait des démarches pour que le harcèlement cesse, ainsi que le manque de neutralité de l’école et le parti pris des adultes en général, ont fort probablement conforté Anita dans ses actes et permis un contexte propice au harcèlement.

A-t-elle des remords ?
On peut supposer qu’Anita (l’auteur principal) a eu des remords, car elle a exprimé son envie que tout s’arrête à l’égard de Sylvie, en mars 2008.

POINT OF VIEW OF OTHER STUDENTS:

Etaient-ils conscients de ce qui se passait ? Leur perception des causes ?
Un nombre important d’élèves a dû être au courant, étant donné que le nombre de faits s’étant déroulés dans l’établissement ou aux abords de celui-ci est important et que le nombre d’auteurs du harcèlement n’a cessé de s’accroître.

Ce qu’ils ont fait et pourquoi ?
Certains élèves sont passés d’auteurs à alliés et d’autres ont pris la défense de Sylvie.
On peut supposer qu’une des raisons pour lesquelles certains élèves avaient tendance à s’allier à Anita était d’être dans le groupe « des plus forts », être bien vus et ne pas devenir victimes à leur tour.

POINT OF VIEW OF TEACHERS:

Pas d'information

POINT OF VIEW OF SCHOOL DIRECTORS:

Etaient-ils conscients de ce qui se passait? Qu’ont-ils fait pour gérer cet événement ?
Le proviseur et le préfet des études étaient conscients des évènements sans avoir conscience des réelles responsabilités de chacun et des conséquences pour la victime.
Pour gérer les évènements, ils ont sanctionné Sylvie à plusieurs reprises, uniquement sur base des dires d’Anita.
Anita a également été reçue dans le bureau du proviseur et fouillée lorsque Sylvie venait se plaindre de vol en la pointant comme fautive.
Ils ont également accepté l’intervention d’une AMO (service d’Aide en Milieu Ouvert) en tant que tiers dans la situation et proposé l’intervention du CPMS.

POINT OF VIEW OF THE PARENTS OF THE PUPILS INVOLVED:

Ont-ils remarqué ce qui arrivait ? Ont-ils été informés et par qui ?
Les parents de Sylvie et d’Anita ont bien évidemment été informés des évènements. Pour certains par leur fille directement, et peut-être par l’établissement scolaire pour d’autres.

Ont-ils eu la possibilité de modifier la situation et comment ?
Les parents d’Anita et de Sylvie ont à plusieurs reprises tenté de trouver des solutions aux difficultés, notamment en acceptant de se rencontrer pour en discuter et mettre les choses à plat.
La rencontre, qui a eu lieu au tout début, a permis d’apaiser les choses pendant une bonne partie de l’année scolaire en question, mais elle n’a pas permis de résoudre les problèmes de manière durable.

POINT OF VIEW OF THE COUNSELLOR IN THE SCHOOL:

S’ils étaient conscients de la situation, qu’ont-ils fait ?
L’AMO « Droit des Jeunes » est intervenue à la demande de la soeur de Sylvie et en accord avec la direction de l’école, au travers d’un espace d’écoute et de dialogue.
L’AMO a également impulsé la médiation du Centre Liégeois d’Aide aux Jeunes.
Ce service souligne la difficulté qu’il a eu d’apporter des solutions adéquates ainsi que le temps nécessaire à la mise en place des actions et des coordinations de ces interventions, bien que rapides, mais lentes par rapport aux évènements qui pouvaient se dérouler de manière très rapprochée au sein de l’école.
La psychologue du CPMS est également intervenue pour accompagner Sylvie.

POINT OF VIEW OF POLICY MAKERS:

Le Pouvoir Organisateur n’a pas été informé des événements.

CONCLUSIVE DEDUCTIONS:

Sur la véracité du harcèlement ?
Il s’agit bien d’un fait de harcèlement : atteintes physiques et verbales multiples et violentes, durée 3 ans, disproportion des forces en présence (une victime, de multiples harceleurs), intention de nuire attestée (police, médecins).

Sur les causes de l'événement et le mécanisme qui a rendu possible le phénomène ?
A la lecture de ce cas, on est frappé par le nombre d’intervenants (tant au niveau des faits de harcèlement que de leur résolution).
Sylvie, sa sœur, sa mère, Julie, Anita, son père et son frère ainsi que le proviseur, le préfet, l’éducatrice référente de Sylvie et d’Anita, la psychologue du CPMS, le secrétaire de l’école, d’autres éducateurs, l’AMO « Droit des jeunes », le Centre liégeois d’aide aux jeune, ainsi qu’un nombre important d’autres élèves ont été impliqués, sans oublier l’homme adulte qui a agressé et menacé Sylvie aux abords de l’école.
On est également frappé par le temps de réaction de l’établissement scolaire, ou plutôt par la non réaction de celui-ci dans des délais plus raisonnables. Le harcèlement a perduré durant trois années scolaires.
Enfin, on est frappé par le manque de réponse appropriée, alors que certaines demandes de Sylvie semblaient légitimes et simples à résoudre (par exemple, changer de place en classe).
Un sentiment d'injustice est retentissant. La victime aura peut-être des séquelles psychologiques de cette malheureuse expérience.

Comment un banal travail de groupe qui « foire » peut-il aboutir à une situation aussi extrême ?
La victime n’a pas trouvé le soutien nécessaire auprès de la direction de l’école, ce qui a renforcé l’agresseur et ses alliés.
En effet, le fait que l’établissement scolaire ait eu un certain parti pris pour l’auteur et ses dires, ait minimisé le ressenti de la victime et refusé certaines de ses demandes légitimes, a fort probablement permis le développement d’un contexte propice au harcèlement (l’auteur pouvait se sentir renforcée dans ses actes) et contribué à l’exercice d’un rapport de force entre l’auteur et la victime.
Le contexte culturel et familial a certainement joué. La victime est issue d’un milieu social modeste. Elle est d’origine marocaine. L’auteur provient d’un milieu aisé et ses parents ont de très bons contacts avec la direction de l’école. La maman de la victime ne parle pas français, la grande sœur est plutôt impulsive. La direction a dû se sentir agressée.

Sur la réponse apportée par l’école ? Sur le type de réponse apportée par l’école (disciplinaire ou éducative) ?
Les acteurs de l’école semblent avoir été tétanisés et s’être inscrits dans une logique purement disciplinaire. Quant aux acteurs de première ligne (profs, éducateurs), ils ne semblent pas non plus être intervenus.

Pourquoi l'établissement scolaire a-t-il eu autant de mal à traiter ce genre de situation ? Le rôle de l'instruction et de la pédagogie se limite-t-il à de la transmission de savoir ?
Par ailleurs, il est interpellant qu’aucune procédure n’existe dans l’école face à ce genre de situation.

Sur les enseignements tirés, sur les mécanismes de prévention mis en place pour que « cela n’arrive plus » ?
L’établissement scolaire aurait pu :
- faire intervenir beaucoup plus rapidement les médiateurs scolaires et le CPMS et éviter ainsi que le problème ne prenne une ampleur telle,
- ne pas accorder plus de crédit aux dires d’un élève que d’une autre,
- ne pas minimiser le ressenti de la victime,
- ne pas refuser certaines de ses demandes de rendez-vous, accepter sa demande de changement de classe et, au minimum, de changement de place (justifiée par sa position juste devant l’auteur).
Une cellule d'urgence en matière de harcèlement, avec un travail multidisciplinaire (rattachée au CPMS, par exemple) devrait être mise en place dans cette école.
Cette cellule servirait de relais pour l’école, visiblement dépassée dans le cas évoqué. Elle fournirait une aide rapide et adéquate pour la victime mais aussi pour l'agresseur afin de lui éviter, peut-être, de récidiver dans sa vie future avec des ennuis qui pourraient relever du domaine judiciaire si amplification de ces comportements.

En effet, le/les coupable(s) s'en sortent indemnes et se sentent renforcés dans leur rôle de dominants. Quelle leçon peuvent-ils tirer lorsqu'ils sont dans l'impunité ?
La cellule d’urgence contre le harcèlement parait une bonne idée, mais il serait utile de faire de la prévention primaire au-delà des questions de harcèlement et, dans cas précis, qui porterait plus spécifiquement sur les relations interpersonnelles et interculturelles, la communication non violente, …

Comments about this Case Study


Date: 13.03.2012

Posted by: ELENA ILISOI
Type of school: « VIRGIL MADGEARU » High School IAŞI
Country: ROMANIA

These types of situations are also wide spread in Romanian schools/high schools.We also encountered such a situation in our high school, which , fortunately , did not escalate. The initial situation was similar ( students who were unable to cooperate , to work in teams, fact which triggered the misunderstandings) ;but, in our case, there were no acts of physical violence, the situation did not last that long and there weren’t so many people involved as to take the conflict to such a level where there is no resolution in sight.As for us, the students, in front of the form masters, talked about their dislikes and a amicable solution was reached. Because the situation was solved quickly and peacefully, there was no need to involve other parties, meaning the parents, the headmasters, the School Inspectorate or any other organizations.What is more, in our case, there was never an issues with people of different race, nationality, religion or with special needs being treated any differently than their peers. This is how we want to inspire our students to be, in other words, tolerant, respectful of their colleagues in order to be able to get the same treatment in return.
Still, if the same scenario that was presented by our Belgian colleagues would have taken place in our school, I think I would have first called the parents, because they know their children better than anyone else and could anticipate their reactions and feelings. Then, I would have notified the school phycologist because I consider he has the experience and the knowledge required in such a conflict . Lastly, I would have called upon the local representatives: the local authorities, the School Inspectorate, the police, the church. Involving them in this kind of situation is an important part of a strategy to combat violence, a strategy we would not hesitate to use whenever necessary.Our school has always developed partnerships with the police, the church and with different organizations, such as the „Save the Children Association”, „The Organization for the Protection of Human Rights”, etc. Also, our high school counselor is in charge of a center of resources for the aggression in schools, which educates, forms, mediates and assists in such cases of violence. He is often present during the form master’s classes which discuss violence, offer students examples of actual cases, ways of properly identifying the situation, ways of getting the parents and the community involved in actions of prevention and fighting school violence.
Coming back to the case presented by our Belgian colleagues, I think that there was no actual, efficient strategy put in place in order to deal with such a development, which ultimately lead to the escalation of the conflict. Furthermore, I think the authorities were brought in much too late, when the situation was already out of hand. I am sure that from this stand point, our high school would have reacted sooner, with much more responsibly and would have demonstrated the same amount of empathy towards all the involved parties. Maybe this is the lesson we are learning from our Belgian partners, that when dealing with this type of conflicts, the able person must take action, be an impartial judge for the people involved and ultimately make concrete, correct and pertinent decisions.

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