Lifelong Learning Programme

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Case Studies

TITLE OF THE CASE STUDIES:

Propos et gestes inappropriés, menaces, agression sexuelle de la part d'un jeune garçon envers une fille de 3ème année secondaire

SCENARIOS OF BULLYING EVENT::
  • Direct bullying
CAUSES OF BULLYING EVENT::
  • Non-especific
FACTUAL DESCRIPTION OF THE BULLYING EVENT:

Quand et comment l’événement a débuté ? Comment l’école l’a détecté ?
En février 2011, l’école se rend compte qu’Annik, une élève de troisième année, ne vient plus au cours depuis plus d'une semaine. L’école n’a pas de nouvelles de l’élève. Elle n’est pas informée du motif de l’absence.
La conseillère à la régularité prend contact avec la maman. Celle-ci déclare que : “sa fille a peur, qu'elle a été harcelée et agressée sexuellement par un élève de l'école”. La conseillère invite alors la famille à se présenter à l'école le plus rapidement possible.
Annik vient le lendemain avec sa maman. Un écrit est rédigé, où elle met en cause un élève de quatrième année, Axel. Annik met en exergue trois faits.
Sa première rencontre avec Axel, fin septembre 2010, où il aurait essayé de l'enlacer, de l'embrasser et lui aurait touché les seins.
Ensuite, tout le long de l'année, des gestes et des propos inconvenants, dont le caractère sexuel est minoré, voire absent. Annik a beaucoup de mal, par ailleurs, à verbaliser ces comportements inadéquats.
Enfin, Elle relate un esclandre qui s'est déroulé le 25 janvier 2011, dans une cage d'escalier de l'école. Axel lui a, dit-elle, tiré les cheveux, donné des gifles, claqué les fesses et touché le sexe. De plus, ce même jour, Axel est venu la menacer à son arrêt de bus, afin qu'elle ne raconte pas au préfet ce qui s'était passé.

Les principaux acteurs impliqués ?
Trois jeunes filles et un garçon que nous appellerons Françoise, Sophie, Annik et Axel.

La durée des événements ?
De septembre 2010 à février 2011, soit 6 mois.

Le type d’actes de harcèlement survenus ?
Gestes et propos inadéquats, menaces, agression sexuelle.

RESPONSE IMPLEMENTED:

Actions entreprises ? Stratégie mise en place par l’école pour combattre le fait de harcèlement ?
Le préfet de discipline reçoit Axel qui reconnaît tous les faits de violence, mais s'exonère de tous ceux à caractère sexuel. Il reporte ceux-ci sur des garçons qui se trouvaient avec lui lors des faits dénoncés.

Témoignages des autres élèves
Le préfet recueille les témoignages des autres élèves. Tous ceux qui ont assisté aux scènes décrites ci-dessus valident les faits rapportés par Annik.

Gestion de deux nouvelles plaintes
Le même jour, le préfet reçoit une deuxième plainte d'une fille d’une autre classe de troisième, Françoise, pour des faits qui se sont également déroulés fin janvier et qui mettent, à nouveau, Axel en cause.
Dans le bus, il aurait tiré les cheveux de Sophie, une fille de la classe de Françoise. Elle aurait voulu la défendre et se serait fait gifler.
Quelques jours plus tard, elle aurait rencontré Axel dans un complexe commercial de la ville, où il l'aurait fait tomber sur le verglas avant de “shooter dedans”.
Enfin, ce 27 janvier, il lui aurait fait un croche-pied dans un couloir de l'école.
L’enquête confirmera les propos de Françoise.
Toujours dans la même journée, le préfet reçoit une troisième plainte d'un groupe d'élèves de deuxième année disant avoir été menacé par Axel.

Règlement des faits
Après un contact avec les parents d’Axel, celui-ci est définitivement exclu de l'école. Ces différents faits ajoutés à une situation disciplinaire déjà difficile, rendaient impossible son maintien à l’école.
Quant aux élèves victimes, elles sont encouragées à porter plainte.

IMPACT OF THE BULLYING ACTION:

Sur le parcours scolaire ? Sur la santé mentale ? Sur l’intégration scolaire?
Annik ne réintégrera jamais l'école ! Pendant la procédure de renvoi, elle prétextera qu’Axel pourrait l'attendre à la sortie. Après le renvoi, elle demandera à l’école un garde du corps pour la protéger durant les trajets. Elle finira par changer d'école.
Sophie, qui est une élève difficile à gérer (elle fera un séjour dans un espace tremplin), paraît toutefois plus libérée depuis qu’Axel n'est plus là.
Françoise continue son petit bonhomme de chemin. L’équipe pédagogique ne remarque pas de changements et pense que, bien qu’elle ait été victime d’Axel, elle n'a jamais eu, comme Annik et Sophie, à subir son harcèlement.
Axel, après son renvoi, est allé dans une autre école (même année, même option) à Seraing.

POINT OF VIEW OF VICTIM:

Sa perception des causes de l’événement de harcèlement ?
La victime principale, Annik, affirme que le harcèlement est d’origine sexuelle.
Elle a peur, elle a du mal à exprimer les comportements inadéquats.

A-t-elle informé quelqu’un ?
Elle en informe sa maman qui prévient l’école.

De quelle aide a-t-elle eu besoin et de la part de qui ?
Il y a eu au moins une rencontre entre le PMS, la victime et sa maman.

POINT OF VIEW OF BULLYING STUDENT(S):

Sa motivation, le choix des victimes ?
La motivation d’Axel semble être est la domination de l’autre, l’emprise sur celui-ci.
Il reconnaît des violences physiques dépassant la norme, mais ne semble pas se rendre compte de son attitude perpétuellement inadéquate.
En effet, cet élève a été signalé par les éducateurs comme ayant une attitude malsaine vis-à-vis des autres élèves : “il se comporte en dominateur, fait peur, touche fréquemment autrui d'une manière inhabituelle qui vise à marquer sa supériorité”. C'est de cette manière que les éducateurs interprètent son attitude étrange et inappropriée dans les espaces communs.
Son emprise sur Sophie est également dénoncée par les éducateurs.

A-t-il des remords ?
Lors de l’entretien avec le préfet, il ne paraît pas en avoir.

POINT OF VIEW OF OTHER STUDENTS:

Etaient-ils conscients de ce qui se passait ? Ce qu’ils ont fait et pourquoi ? Leur perception des causes ?
Visiblement, les élèves ont peur d’Axel. Ce dernier draine derrière lui une cour sur laquelle il a une réelle emprise.
Il s'avère difficile de les faire témoigner contre lui. Un groupe d’élèves de deuxième année y parvient, car ils ne sont pas sous son emprise directe.

POINT OF VIEW OF TEACHERS:

Etaient-ils conscients de la situation ? Qu’ont-ils fait ? Comment ont-ils compris ce qui se passait ?
Axel était vu comme un élève difficile à gérer, pas comme un harceleur ou un prédateur sexuel. Mais, la plupart des faits ont été commis dans les espaces communs, voire à l'extérieur de l'école.

Quelle coopération ont-ils reçue de la part des autres professeurs et de la direction ?
Lors de difficultés disciplinaires, ils ont eu l’appui du préfet de discipline qui a reçu l’élève et l’a parfois sanctionné.

POINT OF VIEW OF SCHOOL DIRECTORS:

Etaient-ils conscients de ce qui se passait ? Qu’ont-ils fait pour gérer cet événement ?
La direction a approuvé les décisions du préfet. Elle a exclu Axel de l'établissement et elle lui a trouvé une nouvelle école, comme la loi l’y oblige. Axel n’a pas fait l’objet d’un suivi.
Le cas paraissant clair, il n’a été qu’effleuré en réunion de staff (regroupant la direction et l’équipe éducative).

POINT OF VIEW OF THE PARENTS OF THE PUPILS INVOLVED:

Ont-ils remarqué ce qui arrivait ? Ont-ils été informés et par qui ?
Les parents ont été informés des faits par leur enfant ou l’école.

Ont-ils eu la possibilité de modifier la situation et comment ?
Les parents d’Axel et Sophie sont restés relativement passifs par rapport aux décisions de l'école. Les uns comme les autres sont apparus dépassés par l'attitude de leurs enfants et semblent démissionnaires.
Les parents de Françoise ont été très satisfaits de la manière dont le problème a été résolu.
La maman d’Annik a estimé que « l'école n'avait pas fait son travail ». C'est pourquoi elle a changé sa fille d'école.

POINT OF VIEW OF THE COUNSELLOR IN THE SCHOOL:

L’école n’a pas fait appel à des conseillers externes, car elle dispose d’une importante structure d’encadrement.
Ce sont les conseillers internes (éducateurs, chef éducateurs et préfet de discipline) qui ont réglé le problème.
En réunion de staff, le cas était évoqué, mais rien n’avait été mis en place, car les faits ne paraissaient pas graves et l’école avait des difficultés à les caractériser. Les comportements d’Axel étaient à la limite des comportements sociaux acceptables.

POINT OF VIEW OF POLICY MAKERS:

Le PO a avalisé le renvoi.

CONCLUSIVE DEDUCTIONS:

Sur la véracité du harcèlement ?
Il n’y a aucun doute. De plus, le harceleur reconnaît les faits (à l’exception de l’agression sexuelle).

Sur les causes de l’événement et le mécanisme qui a rendu possible le phénomène ?
Volonté de domination, amplifiée par le contexte géographique (la majorité des faits se déroule dans les espaces communs, ainsi qu’à l’extérieur de l’école), familial, culturel …

Sur la réponse apportée par l’école ? Sur le type de réponse apportée par l’école (disciplinaire ou éducative) ?
Etant donné la gravité des faits, l’école aurait pu faire appel aux intervenants psycho-sociaux extérieurs. Or, la réponse de l’école a été uniquement disciplinaire : exclusion du harceleur.
Aucun travail éducatif ne semble avoir été fait avec le harceleur : pas d’appel au CPMS, équipes mobiles ou encore service de médiation, pas de réorientation éventuelle vers un « SAS » (Service d’Accrochage Scolaire)…
Cette absence de suivi est interpellante. Le problème a tout simplement été renvoyé à une autre école.
La victime, quant à elle, aurait dû bénéficier d’un soutien psychologique immédiat. L’école signale une rencontre avec le CPMS, mais on n’en sait pas plus.

Sur les enseignements tirés, sur les mécanismes de prévention mis en place pour que « cela n’arrive plus » ?
Depuis plusieurs années, cette école développe une stratégie “d’encadrement des élèves”.
Dans cette institution de 1.300 élèves, presque 9% du nombre total de périodes professeurs (NTPP) est consacré à l’encadrement, alors que le décret de la Communauté française prévoit 3% maximum.
Le personnel d’encadrement se compose d’auxiliaires d’éducation (éducateurs, préfet de discipline, conseiller en éducation, …), ainsi que d’un nombreux personnel administratif (accueil, bibliothèque, régularité, activités extérieures, informatique, …) qui permet aux premiers de se consacrer entièrement à leur tâche éducative. En tout, 27 personnes se consacrent à l’encadrement des élèves.
Ce dispositif est présenté de manière détaillée dans la fiche « bonnes pratiques » mise en ligne (prévention, intervention, gestion des plaintes, conseiller en éducation, …).

Ce dispositif d’encadrement est intéressant, mais comment toutes ces personnes n’ont-elles rien vu pendant 6 mois ? Il est donc perfectible. Des animations de prévention sur le harcèlement sexuel pourraient, par exemple, être envisagées pour conscientiser les élèves à ce type de problématique.

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