Lifelong Learning Programme

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Case Studies

TITLE OF THE CASE STUDIES:

Jeune garçon victime de harcèlement en raison de son surpoids et qui a fini par quitter l’école pour aller dans un Centre de Soins

SCENARIOS OF BULLYING EVENT::
  • Direct bullying
CAUSES OF BULLYING EVENT::
  • Non-especific
FACTUAL DESCRIPTION OF THE BULLYING EVENT:

Quand et comment l’événement a débuté
Le harcèlement systématique, quotidien de la victime dans le groupe-classe concerné par l’événement a débuté dès mi à fin septembre de la rentrée 2010-2011, sous l’impulsion d’un élève doubleur ayant fait s’aggraver au sein du groupe la situation de la victime, qui avait déjà connu des difficultés (relationnelles-d’intégration) dans la classe l’année scolaire précédente.

Les principaux acteurs impliqués
Les principaux acteurs impliqués sont une victime (18 ans), un harceleur meneur (18 ans) et quatre suiveurs (de 16 à 18 ans), suiveurs à différents degrés.

Le type d’actes de harcèlement survenus
Les types d’actes de harcèlement survenus :
- Agressions verbales, morales (moqueries-remarques déplaisantes-insultes sur le physique de la victime, ses capacités-compétences supposées faibles, sa lenteur dans l’exécution des tâches (sape du moral), dépréciation-dénigrement de sa famille
- Chapardage d’objets personnels (rendus ensuite), et, uniquement de la part du meneur : racket (de quelques euros par jour à 10 euros lors d’une sortie)
- Contacts physiques modérés (poussé légèrement) mais répétitifs, parfois violence physique plus marquée (poussé à terre, acharnement à appuyer sur son ventre)
- Ostracisme (personne ne veut travailler avec lui en pratique)

La durée des événements
Les événements ont duré jusqu’au 2 mai 2011, date à laquelle la victime a quitté l’école pour un Centre de Soins.

RESPONSE IMPLEMENTED:

La victime s’est confiée à sa mère, à ses grands-parents.
La grand-mère a attendu plusieurs fois les agresseurs à la sortie des cours pour les dissuader de poursuivre leur harcèlement, ce qui a produit un effet inverse.
A plusieurs reprises, la grand-mère s’est adressée au Chef d’atelier pour faire part de son désarroi, mais les responsables et les professeurs de la section se sont montrés impuissants pour améliorer la situation. Des tentatives de dialogue avec le groupe pour que la situation cesse ont eu lieu à plusieurs reprises, quelques sanctions ont été prises à l’occasion d’agressions précises, sans que la situation s’améliore. Les enseignants ont aussi tenté de stimuler la victime à se défendre et ils se sont interrogés sur le rôle de la victime, considérée comme peut-être en partie responsable du harcèlement qu’elle subissait (passivité, provocation ?).
La coopération du directeur n’a pas été sollicitée.
Suite à une demande d’intervention de l’éducatrice au premier trimestre, le Centre Psycho-Médico-Social a assuré un suivi individuel et le relais à un psychologue privé (externe) pour suivi thérapeutique.
Suite à une nouvelle demande d’intervention de l’éducatrice le 23 mars 2011, le Service de Médiation Scolaire en Wallonie, qui a recueilli son témoignage, a apporté un éclairage à l’équipe éducative sur le phénomène, et s’est articulé aux différents acteurs pour mettre au point une intervention au sein du groupe-classe.
La stratégie mise en place par le SMSW est développée ci-après (voir point de vue des dirigeants de l’école).

IMPACT OF THE BULLYING ACTION:

La victime avait déjà connu des difficultés durant l’année scolaire précédente. Début mai 2011, l’élève a quitté temporairement l’école pour soigner son problème d’obésité. Il avait à ce moment l’intention de présenter ses examens en septembre 2011, en « session différée ». Pendant les vacances scolaires, il a renoncé à cette intention, découragé par le nombre important d’examens à présenter, et ce malgré que tous les documents utiles lui avaient été fournis par ses professeurs. Pour 2011-2012, il est toujours inscrit dans la même école, il double son année, il est soutenu par ses professeurs, et son intégration dans le nouveau groupe se passe bien. Côté organisationnel, l’intervention SMSW a eu un impact important : un éducateur est actuellement toujours présent pendant le temps de midi (moment où les brimades étaient nombreuses) sur le site de la section, ce qui n’était pas le cas auparavant.
L’agresseur ayant subi lui-même des brimades dans le passé, éprouvait toujours le besoin d’être agresseur pour ne pas être lui-même agressé. Ainsi lorsque sa victime a quitté l’école à la fin de l’année scolaire 2010-2011, il s’en est pris à d’autres élèves plus jeunes.
Les autres élèves de cette petite classe (qui ne comptait que six étudiants) s’étaient rangés du côté du plus fort mais ne vivaient pas très bien les tensions et le mauvais climat qui régnaient dans le groupe.

POINT OF VIEW OF VICTIM:

Sa perception des causes de l’événement de harcèlement ?
- La victime connaît un problème de santé majeur, à savoir une obésité handicapante, et témoigne avoir connu des difficultés relationnelles liées à cette particularité physique depuis toujours : le jeune homme est né différent, et aussi longtemps qu’il s’en souvienne, cette différence a été source de stigmatisation.
- Elle est consciente des enjeux relationnels dans la classe et de l’influence prépondérante du meneur sur les autres élèves de la classe.
- Elle témoigne d’un blocage, d’une incapacité à réagir, à se défendre lorsqu’elle subit des agressions.

A-t-elle informé quelqu’un ?
De quelle aide a-t-elle eu besoin et de la part de qui ?

D’initiative, elle en a informé :
- sa famille (mère, grands-parents)
- quelques professeurs, l’éducatrice, à l’occasion d’épisodes agressifs subis.

Suite à demande d’intervention de l’éducatrice au premier trimestre :
- Le Centre Psycho-Médico-Social, qui a assuré un suivi individuel et le relais à un psychologue privé (externe) pour suivi thérapeutique.

Suite à demande d’intervention de l’éducatrice le 23 mars 2011 :
- Le Service de Médiation Scolaire en Wallonie, qui a recueilli son témoignage, a apporté un éclairage à l’équipe éducative sur le phénomène, et s’est articulé aux différents acteurs pour mettre au point une intervention au sein du groupe-classe.

POINT OF VIEW OF BULLYING STUDENT(S):

Cette rubrique comprendra deux parties, parce qu’une distinction est à faire entre le point de vue du meneur et celui des suiveurs.

% meneur

Sa motivation?

S’assurer une place de leader au sein du groupe : être agresseur pour ne pas être agressé, être du « bon côté » plutôt que du « mauvais », être le « fort » et non le « faible » (sic). Ayant vécu un historique familial non anodin et connu lui-même le harcèlement alors qu’il était en primaire, ayant souffert de la stigmatisation liée au fait que son père était en prison pour meurtre, il a développé une vision manichéenne du monde et des relations humaines.

Pourquoi a-t-il choisi la victime ?
La victime était déjà peu intégrée dans le groupe, elle était fragilisée par son handicap physique, par un vécu social et familial difficile qu’il confiait à ses condisciples. De plus elle avait montré son incapacité à réagir aux agressions.

A-t-il des remords?
Difficile à établir avec certitude : il a déclaré qu’il n’avait pas souhaité que le harcèlement entraîne le départ de l’école de la victime. (en réalité, la victime est partie pour se soigner % obésité). Mais à côté de cela, après le départ de la victime, il a reproduit des actes de harcèlement sur un autre élève de la classe principalement, sur un autre dans une moindre mesure (mais sans le soutien des autres), sur un élève plus jeune de la section (avec l’appui paradoxalement de sa nouvelle victime principale dans la classe), et a commis au moins un acte d’agression sur un jeune élève d’une autre section.

% suiveurs

Leur motivation?
Pourquoi ont-ils choisi la victime ?
Ont-ils des remords?

En réalité, les jeunes « n’avaient rien contre la victime » (sic), ils ont vécu la dégradation de la situation avec malaise et culpabilité. La peur d’être soi-même rejeté régnait au sein du groupe. Aussi une réelle peur du meneur et un sentiment d’impuissance à résister à son influence. Après le départ de la victime, il y a eu une sorte de consensus entre les jeunes pour éviter le meneur, qui victimisait deux élèves, mais la peur était toujours bien présente, d’où persistance des tensions et du mauvais climat.

POINT OF VIEW OF OTHER STUDENTS:

Sans objet : le harcèlement décrit concernait tous les élèves de la petite classe, le plus souvent isolée sur un site distinct du site principal de l’école.

POINT OF VIEW OF TEACHERS:

Etaient-ils conscients de la situation?
Comment ont-ils compris ce qui se passait ?
Qu’ont-ils fait?

Les professeurs étaient en partie conscients de la situation, dans la mesure où ils savaient que la victime subissait fréquemment des brimades et en souffrait, mais ne disposaient pas des outils pour l’appréhender dans toute sa dimension. Des tentatives de dialogue avec le groupe pour que la situation cesse ont eu lieu à plusieurs reprises, quelques sanctions ont été prises à l’occasion d’agressions précises, sans que la situation s’améliore. Un sentiment d’impuissance à régler le problème s’est installé, la situation a été vécue comme une « fatalité » contre laquelle on ne peut rien – en effet, c’est sournoisement que la victime était ciblée, le plus souvent à l’abri des regards des adultes (…) - il y a eu aussi tentative de stimuler la victime à réagir, à s’affirmer, à se défendre face à des élèves « souvent bien moins costauds que lui » (sic) - et aussi interrogation sur le rôle de la victime, considérée comme peut-être en partie responsable du harcèlement qu’elle subissait (passivité, provocation ?).

Quelle coopération ont-ils reçue de la part des autres professeurs et du directeur de l’école ?
Les professeurs de la section, principalement concernés par la classe, sont isolés sur un site distinct du site principal, et ont très peu de contacts avec les professeurs de cours généraux. La coopération du directeur n’a pas été sollicitée.

POINT OF VIEW OF SCHOOL DIRECTORS:

Etaient-ils conscients de ce qui se passait?
Les dirigeants sont le Chef d’atelier de la section, professeur également, et le directeur de l’école.

Qu’ont-ils fait pour gérer cet événement ?
Pour le Chef d’atelier, voir plus haut (les professeurs) – et comme indiqué précédemment, le directeur n’a pas été sollicité précisément par l’équipe pour coopération.

Que faut-il faire selon eux pour améliorer la situation ?
Depuis le partenariat avec le SMSW et l’éclairage sur le harcèlement-bullying, il y a meilleure compréhension globale du phénomène, des enjeux, et émergence de pistes pour y faire face efficacement, à savoir :

Le school-bullying est constaté
- la sanction des comportements agressifs est l’étape 1,(> STOP)
- !!! : le « harcèlement-brimades » n’est pas une violence ordinaire, > la sanction n’est QU’UNE PARTIE de réponse, à elle seule insuffisante voire contre-productive,
- une vigilance de suivi est indispensable,
- accueil, écoute, protection de la victime,
- une intervention plus spécifique peut être envisagée en complément (> un appui du SMSW peut être sollicité)
- grands principes de toute intervention :
- mettre l’accent sur le comportement, non sur la personne
- considérer chaque élève en tant que personne également capable de faire des gestes positifs,
- et capable de changement, de désapprendre le harcèlement
- vers une démarche responsabilisante, éducative, voire réparatrice
- impliquer chacun dans la recherche de solutions pour que la situation s’améliore

POINT OF VIEW OF THE PARENTS OF THE PUPILS INVOLVED:

Seule la famille de la victime a été concernée par la question.

Ont-ils remarqué ce qui arrivait?
Ont-ils été informés et par qui ?

Oui : la victime s’est confiée à sa mère, à ses grands-parents.

Ont-ils eu la possibilité de modifier la situation et comment ?
Non – à plusieurs reprises, la grand-mère s’est adressée au Chef d’atelier pour faire part de son désarroi face à la situation, la victime étant devenue agressive par réaction au sein de sa famille.
Des contacts directs avec les agresseurs ont eu lieu à la sortie des classes, la grand-mère s’y étant présentée plusieurs fois pour tenter de dissuader les agresseurs de poursuivre leur harcèlement – avec effet contre-productif sur la situation, les jeunes s’étant plaints auprès de leurs professeurs de s’être fait agresser par la grand-mère de la victime et ayant trouvé argument à se moquer davantage de l’incapacité de la victime à se défendre d’elle-même …

POINT OF VIEW OF THE COUNSELLOR IN THE SCHOOL:

Sans objet

POINT OF VIEW OF POLICY MAKERS:

Sans objet

CONCLUSIVE DEDUCTIONS:

Sur la véracité du harcèlement ? Sur les causes de l’événement et le mécanisme qui a rendu possible le phénomène ?
Ce cas est un exemple de situation de harcèlement-brimades grave, avec :
- une victime particulièrement fragile (sur les plans physique, social, familial)
- un harceleur au passé familial et relationnel non anodin ayant conduit au développement d’une personnalité préoccupante, toujours sur la défensive car lui-même craint de redevenir le « harcelé » qu’il a déjà été, qui pour éviter cela est toujours à la recherche de situations de domination en manifestant des comportements d’agression envers les plus faibles au-delà de la situation principale décrite
- des suiveurs plutôt empathiques mais dominés par la peur : du meneur, d’être eux-mêmes exclus du groupe.
L’isolement « géographique » du groupe-classe sur un site propre à la section a sans doute contribué au développement et à la cristallisation du phénomène : chaque élève de la petite cellule de 6 élèves craignait d’autant plus l’ostracisme que les contacts sociaux « hors groupe » sont quasi inexistants.
La situation de harcèlement-brimades s’est développée au sein du groupe-classe car la victime permettait au groupe de focaliser, de concentrer, de canaliser toutes les tensions sur elle. La victime tenait le rôle de bouc-émissaire et régulait en quelque sorte le fonctionnement du groupe.

Sur la réponse apportée par l’école ? Sur le type de réponse apportée par l’école (disciplinaire ou éducative) ?
L’équipe éducative s’est montrée dépassée par les événements et impuissante à les résoudre.
Ce sont les services externes qui ont géré la situation, suite à la demande d’intervention de l’éducatrice. La victime a été prise en charge par le CPMS. Le service de médiation scolaire est intervenu en appui à l’équipe éducative ainsi qu’au sein du « groupe-classe ».
On notera la position tout à fait effacée du Directeur. Comment n’a-t-il pas été sollicité vu la durée et le type de harcèlement ? Les adultes se sentent vite impuissants, mais ne trouvent pas nécessaire d’en parler à leurs responsables hiérarchiques. C’était pourtant au directeur à intervenir dans le « groupe-classe » pour rappeler les règles de fonctionnement de l’école.
On retient comme initiative positive, la présence d’un éducateur dans la section pendant les temps de midi (propices au harcèlement).
La fiche ne précise pas si le harceleur a été sanctionné et de quelle manière. Celui qui commet les faits est à prendre en compte autant que la victime. Quelle a été la réelle empathie du harceleur à l’égard de la victime ? Un travail avec le harceleur sur cette empathie aurait été intéressant.
Il est surprenant de constater l’absence des parents du harceleur. Ceux-ci auraient dû, au minimum, être informés des faits, voire être amenés à collaborer à leur résolution, même si leur fils est majeur.
Sur les enseignements tirés, sur les mécanismes de prévention à mettre en œuvre pour que « cela n’arrive plus »
La collaboration avec le service de médiation semble avoir été bénéfique pour permettre à chacun de mieux comprendre le phénomène de harcèlement et de bouc-émissaire et donc de pouvoir le travailler, le déconstruire.
Au-delà de cet éclairage, il faut maintenant passer aux actes et mettre en place au sein de l’école des dispositifs précis d’information, de détection et de prise en charge des faits de harcèlement.

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